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 1 - 1 La Poésie Classique

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sandipoete
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MessageSujet: 1 - 1 La Poésie Classique   Sam 20 Sep - 5:32

LA POESIE CLASSIQUE
Introduction
La poésie classique est très réglementée ! Les règles auxquelles on se réfère encore actuellement pour la poésie classique ont été précisées et codifiées par Malherbe (1555-1628) puis par Boileau (1636-1711).
Il existe la poésie classique à "forme fixe". Ces formes fixes sont un ensemble de règles structurant un poème classique. On trouve notamment : Le sonnet, le pantoum, la ballade, le triolet, la villanelle, le rondeau, le rondel, le lai, les iambes, la terza rima…
Respecter l'égalité dans le nombre de pieds
Hormis quelques exceptions (iambes…), les poèmes classiques requièrent l’emploi d’un nombre égal de pieds au fur et à mesure des vers. Ainsi, si le 1er vers est en alexandrin, tous les autres vers seront de même facture.
Se méfier des diphtongues
On appelle « diphtongue » la réunion dans le même mot de deux sons voyelles qui se succèdent. Ces deux sons peuvent être prononcés :
       -  Soit d’une seule émission de voix et constituer ainsi un seul pied :
               Exemple :             /pied/     (1 pied)              => C’est la « synérèse »
       -  Soit d’une double émission de voix et constituer ainsi deux pieds :
               Exemple :         /li/on/      (2 pieds)             => C’est la « diérèse »
Pour savoir si un mot se compte en synérèse ou en diérèse, il faut se référer à leur origine latine. Mais le plus simple est de se reporter au tableau des diphtongue, publié dans de nombreux traités de prosodie.
Déterminer les élisions
                 L ’âme reste l ’essence de l ’Homme
peut devenir, après élisions :
                   L ’ âme est l ’essence humaine
L’élision est le fait d’ « aspirer » le E muet d’une fin de mot par un son voyelle débutant le mot suivant. Ceci est obligatoire dans 2 cas :
-  A la césure.
-  N’importe où dans le vers pour les mots se terminant par une autre voyelle + E (« joie, vie, pleurée… » doivent être élidés).

Le fait de placer un mot à élider au pluriel, ne modifie en rien l’erreur !
Eviter les échos
Il y a écho lorsque l'on trouve des sons identiques ou voisins aux endroits accentués, c'est à dire à la césure et à la rime, d'un même vers ou de vers plus éloignés. Il existe deux sortes d'écho :
-   L'écho césure / rime
-   L'écho césure / césure
Exemple d'écho à éviter :
            Il est des instants où l'homme se perd
           Et souvent il préfère oublier ses erreurs…
Pour éviter un écho, il faut compter un certain nombre de vers entre les deux sons voisins, afin que l’oreille du lecteur n’en soit plus gênée. Certains parlent de 4 vers, d’autres 6 vers, allant même pour certains jusqu’à 8 vers ! Pour ma part, je tolère 4 vers.
Bannir les hiatus
L’ « hiatus » est la rencontre heurtée de deux voyelles autres que le E muet :
– Soit à l’intérieur d’un mot :    oasis
– Soit entre deux mots :           j’ai été   ;   qui a  ;  tu es
L’hiatus est à bannir en poésie classique. Certains mots courants peuvent être tolérés, tels qu’ « oasis », « tuer », …
Soigner les rimes
En poésie classique, il faut faire rimer les singuliers ensemble, et les pluriels ensemble.
Il faut également alterner les rimes féminines généralement terminées par E, ES ou (l'ENT des verbes conjugués) et masculines (toutes les autres, et l’ENT des sons en « en »). De plus, une terminaison de vers féminine ne peut rimer avec une terminaison de vers masculine. Exemple : « harem » (fin masculine) et « bohème » (fin féminine) ne riment pas.
Le manque de mots pour certaines rimes ne permet pas toujours de suivre cette règle qu’on doit cependant respecter, chaque fois qu’on le peut. Mais on peut trouver des équivalences :
                     B-P  ;  D-T  ;  F-V  ;  J-CH  ;  K-C  ;  N-GN  ;  X-C-Z
Exemples :
   Don / bouton
       Triompher / rêver
Enfin, plus la rime est riche, plus elle est appréciée :
       Exemples :
                écru / dru        n'ont qu'un son "u" en commun
                                        matin / satin        ont par contre une rime plus riche, alliant 3
                                                                       sonorités communes : "a/t/in"
Placer les césures
Placez correctement vos césures. Les formes classiques n’imposent pas toutes des césures, mais c’est le cas pour l’alexandrin (12 pieds), le décasyllabe (10 pieds) et éventuellement l’octosyllabe (8 pieds). Sauf exceptions ou idées novatrices, la césure se trouve à l’hémistiche (le milieu du vers), découpant ainsi le vers en deux demi-vers d’égale longueur de pieds.
Lier ses vers
Une strophe doit contenir le plus possible de vers se lisant à la suite, sans point. Par exemple :
En rêve je perçois, couverte de splendeur
Un être éblouissant : la rose inimitable.
Apeuré, j'aperçois l'animal redoutable
Qu'est la noble lionne, révélant son ardeur.
C’est un poème, hélas, qui contient un point, coupant le quatrain en 2 fois 2 vers distincts. Le rythme en est altéré et la fluidité également.
Par contre :
               En rêve je perçois, couverte de splendeur
             Un être éblouissant : la rose inimitable
             Pendant que m’apparaît l'animal redoutable
             Qu’est la noble lionne, révélant son ardeur.
Ce poème montre la lecture d’une strophe complète dans un même élan.

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Dernière édition par sandipoete le Ven 17 Avr - 23:55, édité 5 fois
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David



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MessageSujet: Re: 1 - 1 La Poésie Classique   Mar 11 Nov - 20:32

Je m'insurge

La poésie déjà c'est la pagaie
Depuis quatre cent cinquante trois ans !
Comment se battre armé de sa sagaie ?
Et de sons voués depuis au néant.

Aujourd'hui pour t'alterner ma jolie
Je préfère mon oreille en repère
Comme à Robinson disait Vendredi
Nous serons mangés par les mêmes vers

J'aime beaucoup la poésie, mais comme dit la célèbre citation d'Al Capone : "on obtient plus avec de la politesse et un revolver, qu'avec juste de la politesse" il faut absoluement une référence dynamique pour la poèsie, et non pas un vieux dictionnaire de 1555 !!!

Que devient l'oralité avec des rêgles comme "(« joie, vie, pleurée… » doivent être élidés)" et donc ne rimeraient plus respectivement, avec la même légitimité que l'oukaze d'un tzar, joie puis émoi ! vie et puis cri !! Pleurée et souhait !!!

La rêgle des "e" muets pourrait exalter les nuances d'une langue vivante, sans contraindre le poésie au guerres intestines.

Avec le poème je voulais illustrer ceci :


Le sexe des rimes


C’est l’alternance entre « Rimes consonantiques » et « Rimes vocaliques » qui devrait remplacé celle de « Rimes féminines » et « Rimes masculines » !

« Rimes féminines » et « Rimes masculines » renvoient à une prononciation désuète du français, ainsi « ultime/infime » et « pagaie/baie » sont de genre féminin comme « amours/toujours » et « amant/firmament » sont de genre masculin. Quelque soit le son final du mot, c’est la présence ou non d’un « e » à la fin qui lui donnait son genre.

Pour « Rimes consonantiques » et « Rimes vocaliques » c’est le son qui détermine le genre et l'alternance, une rime consonantique est une rime sur une consonne, une rime vocalique est une rime sur une voyelle. Ainsi « ultime/infime » et »amours/toujours » sont des rimes consonantiques en « m » et en « r » alors que « Pagaie/baie » et « amant/firmament » sont des rimes vocaliques en « ai » et en « an »

L’alternance sert simplement à équilibrer un poème en rime, le fait qu’un vers soit en suspend, avec une rime consonantique, ou bien interrompu avec une rime vocalique peut traduire un sens également…

Soit deux poèmes de Victor Hugo :


Elle était déchaussée, elle était décoiffée ...

Elle était déchaussée, elle était décoiffée,
Assise, les pieds nus, parmi les joncs penchants ;
Moi qui passais par là, je crus voir une fée,
Et je lui dis : Veux-tu t'en venir dans les champs ?

Elle me regarda de ce regard suprême
Qui reste à la beauté quand nous en triomphons,
Et je lui dis : Veux-tu, c'est le mois où l'on aime,
Veux-tu nous en aller sous les arbres profonds ?

Elle essuya ses pieds à l'herbe de la rive ;
Elle me regarda pour la seconde fois,
Et la belle folâtre alors devint pensive.
Oh ! comme les oiseaux chantaient au fond des bois !

Comme l'eau caressait doucement le rivage !
Je vis venir à moi, dans les grands roseaux verts,
La belle fille heureuse, effarée et sauvage,
Ses cheveux dans ses yeux, et riant au travers.
Victor Hugo (1802-1885)


Chanson

Si vous n'avez rien à me dire,
Pourquoi venir auprès de moi ?
Pourquoi me faire ce sourire
Qui tournerait la tête au roi ?
Si vous n'avez rien à me dire,
Pourquoi venir auprès de moi ?

Si vous n'avez rien à m'apprendre,
Pourquoi me pressez-vous la main ?
Sur le rêve angélique et tendre,
Auquel vous songez en chemin,
Si vous n'avez rien à m'apprendre,
Pourquoi me pressez-vous la main ?

Si vous voulez que je m'en aille,
Pourquoi passez-vous par ici ?
Lorsque je vous vois, je tressaille :
C'est ma joie et c'est mon souci.
Si vous voulez que je m'en aille,
Pourquoi passez-vous par ici ?
Victor Hugo (1802-1885)


Victor Hugo respecte l’alternance féminin /masculin dans les deux poèmes, pour le second l’alternance est aussi consonantique/vocalique mais la dernière rime du premier poème est masculine consonantique : « verts/travers » sans « e » final mais en « r »

Le premier poème finit donc en suspend, le lecteur est sensé rêver après cette description d’un amour en eau vive… alors que pour le second, la rime vocalique « ici/souci » termine abruptement le derniers vers, le point d’interrogation est désespéré, c’est une lettre morte.

Pour résumer :

Victor Hugo a pécho : rime consonantique à la fin
Victor Hugo n’a pas pécho : rime vocalique à la fin

C’est un exemple du sens qui peut ressortir du jeu de rimes consonantique/vocalique



Je n'ai pas inventé tout ça, surtout pas les termes vocaliques/consonantiques, mais je n'ai pas de références précises, cette alternance là a été pratiqué par Aragon notamment.
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sandipoete
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MessageSujet: Re: 1 - 1 La Poésie Classique   Mer 12 Nov - 5:04

Bonjour David,
Tout d'abord, merci de t'être inscrit ici aussi !
Cela me prouve ton attachement à l'atelier poétique.
Tu as tout à fait raison de t'insurger !
En bon "colporteur" de l'esprit poétique, je ne peux pas faire autrement que de signaler toutes les ficelles qui servent à écrire.
Il est vrai que ces manières d'écrire la poésie appartiennent à une autre époque.
Je me ferai une immense joie de réaliser bientôt le sujet qui parlera de la poésie moderne.
Very Happy

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